Je compte les dodos jusqu’à l’arrivée de mon amie Cindy, qui doit rester quelques semaines, pour être présente auprès de mes enfants lors de mon accouchement. Encore 5 dodos.
L’élastique métaphorique est pété depuis longtemps. J’en suis rendue à pleurer de frustration, et de douleur, à devoir me lever pour empêcher Merrick de vider une boîte de céréales. Hier en rentrant mon linge secs, je me suis emphargée dans la glacière sur le perron, et je me suis fait mal à la symphyse, le seul bout de ma bédaine qui allait passablement bien. Mon plancher est encore jonché de jouets, crayons et feuilles découpées. Chaque pas me single de douleur, avoir à me pencher décroche des larmes.
Au moins il y a le dehors. Je peux ouvrir la porte et sortir des sceaux d’eau. Je me fais donner des soupes aux pissenlits pendant que je lis.
Aujourd’hui je suis allée à une fête de la famille avec les enfants. Mariann était contente d’aller à un pic-nique, mais j’ai pas pensé l’avertir qu’il y aurait beaucoup de monde, de la musique et beaucoup de bruit. Ça la visiblement stressée…elle me suivait en cramponnant son pot de jelly bean et en grimaçant.
Après la représentation théâtrale (avec une danseuse contemporaine, un contre-bassiste, des poissons rouges en sac accrochés au plafond et des ballounes pleines de plumes tenant sur des petites maisons en bois), et après avoir mangé notre pic-nic à côté de l’air de jeu, Mariann a remarqué quelques enfants maquillés, et a tout de suite demandé à se faire maquiller, alors on a trouvé le kiosque. C’était celui avec la plus longue file. En fait c’était le seul avec une file. Et les 2 maquilleuses étaient vraiment pas pressées. Nous avons attendues 20-25 minutes, avec moi dans la file (debout) et les enfants allant aux kiosques voisins (un où ils pouvaient prétendre être vétérinaire, l’autre de la caisse pop avec une table et plein de caisses enregistreuses, Merrick y est resté tout le temps de l’attente).
Donc, arrivé à son tour, Mariann a refusé de se faire maquiller (en pleure). Merrick s’est fait faire un maquillage de lapin. Mariann a chialé qu’on lui avait pris sa place. On a re-proposé à Mariann, elle a encore refusé… et a continué de protesté…Elle voulait qu’on refasse la file. Alors, a bout de souffle, de nerf, de patience…. J’ai décidé que la fête était finie pour nous. J’ai due traîner ma fille qui hurlait jusqu’à la voiture. M’asseoir dans l’auto n’a même pas soulagé mes maux de dos, et j’étais franchement déçue de quitter le parc si tôt, et désolée pour Merrick qui s’amusait bien aux autres kiosques.
On a fait le chemin du retour avec la trame sonore du désarroi de Mariann. Très. TRÈS fort. Ça a eu au moins de bon que Merrick se serait endormi dans l’auto, mais à la place il a fait le trajet avec les mains sur les oreilles. Mariann n’a toujours pas lâcher son bout arrivé à la maison… Et j’ai due me résoudre à lui répondre non, et à l’ignorer.
J’en ai mal aux yeux d’avoir autant pleuré, et pas envie d’aller me coucher parce qu’être couchée, ça fait mal.
Et Papa qui essaie d’étudier. Pas très productif avec ses 2 braillardes. Comme il est souvent parti, les enfants ne décollent pas quand il est là, alors il peut plus vraiment étudier à la maison. Il se serait bien passé d’une session d’été, -impossible, pour la suite des cours- et m’a dit que ça lui faisait pas mal de peine de manquer les premières semaines de vie du bébé pour de l’endocrinologie.
Et moi je déteste la sensation d’être fâchée aussi longtemps contre ma fille de 4 ans. J’ai l’impression que peut importe ce que je fais, elle va trouver le moyen d’être insatisfaite… si bien que je l’ai presque ignorée du reste de la journée. Je lui ai déboutonné sa robe quand elle me l’a demandé tantôt, pour mettre son pyjama, je lui ai épluché une pomme. Mais sinon rien.
Je suis vidée.